Entre centre et absence, Henri Michaux

Publié le par dot dot dot

C'était à l'aurore d'une convalescence, la mienne sans doute, qui sait? Qui sait? Brouillard! Brouillard! On est si exposé, on est tout ce qu'il y a de plus exposé...
"Médicastres infâmes, me disais-je, vous écrasez en moi l'homme que je désaltère."

C'était à la porte d'une longue angoisse. Automne! Automne! Fatigue! J'attendais du côté "vomir", j'attendais, j'entendais au loin ma caravane échelonnée, peinant vers moi, patinant, s'enlisant, sable! sable!
Cétait le soir, le soir de l'angoisse, le soir gagne, implacable halage. "Les grues, me disais-je, rêveur, les grues qui se réjouissent de voir au loin les phares..."

C'était à la fin de la guerre des membres. Cette fois, me disais-je, je passerai, j'étais trop orgueilleux, mais cette fois je passerai, je passe...

Inouïe simplicité! Comment ne t'avais-je pas devinée?... Sans ruse, le poulet sort parfait d'un oeuf anodin...

C'était pendant l'épaississement du Grand Ecran. Je VOYAIS! "Se peut-il, me disais-je, se peut-il vraiment ainsi qu'on se survole?"

C'était à l'arrivée, entre centre et absence, à l'Euréka, dans le nid de bulles...
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Publié dans poèmes

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